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Bienvenue sur le site de Pascal Mora consacré à la photo et à la poésie ! J’ai réalisé les poèmes, les photos et la mise en page du site. L’idée est de faire dialoguer le texte et l’image. La conception en est simple et il suffit de faire défiler la page d’accueil pour consulter l’essentiel du site. J’ai publié dans différentes revues poétiques : Comme en Poésie, Friches, le Portail des Poètes. Je suis intéressé par des échanges de liens ou bannières avec des sites poétiques , artistiques ou autres. Vous pouvez laisser un message à la page « contact », je vous répondrai.
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A chaque orient
De commencement en commencement,
Sans éluder la fièvre
La beauté t’accompagne.
Amie lumineuse,
Elle infuse l’émotion
Qui nourrit ta joie.
Voyages dans la clairière
Pascal Mora
Caminando se hace el camino
Le chemin se fait en cheminant
(Jean de la Croix)
L’air à peine froissé
Par un chuchotis de vent
D’oiseau ou de source.
(Patrick Lannes extrait de Reconnaissances Editions ANDAS 2007)
Mon cor l’auratge de la lutz
Que vaga a cèrcs de martinets deu ser
E destronca l’auratge de l’aur
Mon cœur et mon orage de lumière
Errante aux cercles des martinets du soir
Renversant l’orage de l’or
(Bernard Manciet extrait de L’Enterrament a Sabres Editions Mollat 1996 )
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Premier jour
Méditer
A l'heure du pardon
Sur les marches
Des églises d'Orient
Aux arcs brisés.
Présence,
Plénitude et détachement.
Sommet de l'instant,
Vaste ciel du présent.
Ici, je viens de naître,
Sans histoire ni avenir
Ici, je viens de naître
Sans joie ni tristesse
En vérité.
Mon nom importe peu
En ce monde de rues cachées
Et de portes dérobées
Je me connais sans frontières,
Je vois tout,
Je suis toute vie.
Je suis la forêt océane
Qui épanche sa résine
Dans l'Atlantique étale.
Je suis le coquillage
Dans l'onde ourlée
D'écume réversible
Je suis le dauphin plongeant
Dans un soleil d'éclaboussures.
Je suis tous les âges,
Le nouveau-né, l'enfant,
Le jeune homme,
Le père et le grand-père.
Ailleurs fort de silence.
Sur mon front
Une pluie précieuse
Perle
Des fines branches.
Je viens calligraphier
A l’aide d’une encre enchantée
Les notes indociles scandées
Entre les battements de paupières
De l'éternité.
Intervalle infini et éphémère
De vie
Mort
Vie.
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Les marées du silence
Les Glénan, Molène, Ouessant
Se souviennent des comètes
Lancées à toute mer
Comme cieux abattus
En archipels,
Paradis éperdus de récifs
Et de rives corsaires
Qui veillent sur l'exil
Des trésors.
Les îles
Sont des légendes
Soustraites
Au ressac des continents.
Une espérance ultramarine
Elève le verbe
Des enfants et des marins
Dans le havre
Des rêves nacrés.
La barque effilée
Comme un rostre d'espadon
Croise
Un essor de goélands
Aux ailes d'écume
Brûlant
Les horloges de sel
De la lenteur.
Les marées du silence?
Elles émergent des abysses
Pour se projeter
Sur les falaises
Amarrées au rivage,
Et sur les monolithes
De la plage
Qui cherchent le large
Depuis des siècles.
Parfois
La nuit sur l'île
Parle la pluie
Et les sternes arctiques
S'élèvent en cherchant
Les haubans fortuits de la nuit.
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Lisbonne
En été là-bas
Les bons alizés
Poussent les flâneurs
Le long du Tage ,
Comme voiles perdues
Dans la mémoire du paysage.
Et les maisons blanches dérivent
Sur l 'horizon pourpre
Des bougainvillées.
Le pain du midi
Est un sourire
Sans arrière-pensée.
Dans les bras de l'ombre,
Je vis inondé de linge frais.
Des perles d'eau
De lilas,
D'eau
de lavande
Me baignent le front.
Joie d'être vivant,
Passions absentes.
Je contemple
La lumière en robe irisée
Glissant sur les pavés.
Les azulejos de Sao Jorge,
Simple alchimie de vagues bleues
Et de pierres d'écume,
Ressemblent à l'océan
Couvert de poissons volants.
Alors ,
Ecouter les couleurs
De la vie lente,
La danse éternelle
Des âmes qui s'écoulent
Par les interstices
Du pavé.
Brise abondante du soir
Où glisser sa nage
Pour une brassée
De pierres précieuses.
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Vézelay
Respirer
La prière des chemins,
Gravir la colline
Par les rues circulaires.
Parcourir
Le grand moyen - âge
De pierre
Sous l'épée bleue
Du matin.
Saluer les arcades,
Franchir les ponts.
Et les voies qui s'élèvent
En résonnant
Comme des harpes
De hasard accordées
Aux portails
Des maisons évasées.
Voici le sourire vagabond
Du marché.
Fleurs, fruits , aromates
Dévalés de la rivière
Aux saveurs.
Voici les marches.
Elles tendent leurs bras
A l'impatiente fatigue
Des fins de route.
Voici le parvis.
Comme un feu blanc.
En son centre
Brûle la chandelle du Morvan,
La cathédrale de Vézelay.
Elle n'est pas
Un joyau violent,
Plutôt un havre
Qui couronne la colline
Et contemple
La roue des saisons.
Le tympan du seuil
Regarde le levant.
Le Christ
Ouvre le passage
Vers la lumière du silence,
Le cœur rayonnant du Vivant
Qui irrigue tout l’édifice.
Puis le narthex
Comme un repos
Où l'âme se délivre du temps.
En moi
S'assemblent les lettres
Des prières,
Comme perles de mémoire
Que dépose
L'onde des rivières souterraines
La nef,
Vaisseau du pèlerinage vertical
Suit son cap occidental.
En haut des colonnes
Le grand livre sculpté
Des prophètes,
Des bâtisseurs,
Des bêtes alchimiques,
Des végétaux magiques,
Des destins paysans
Plus forts
Que les froides oraisons.
La procession innombrable
Attise l'incendie hivernal.
Mais les eaux de mars
Affluent dans ce delta
D'images-formes,
Evanescences
Incessamment renaissantes.
Elles m'invitent
A poursuivre mon chemin
Vers l'église originelle
La forêt bruissant
De frênes,
De fontaines et de huttes.
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Des quatre vents
C’est l’heure des feuilles
De pierre sèche.
A la croix des routes
Issues des quatre vents,
Il y a les jappements des chiens
Qui s’appellent
De place en place,
Et jamais n’apparaissent.
Au détour du chemin,
L'église me vient
En une ocre enjambée
De toits.
Au faîte du clocher
Un coq tourne les pages
Du zodiaque
Sous le vitrail
Des quatre saisons.
Dans une venelle médiévale,
Sur la vitrine embuée
De "la boutique aux simples",
Un doigt a calligraphié
Un nom, un amour.
A travers ce jour alphabétique
On entrevoit le jardin d’enfance,
Grâce d’être
Illuminée par toute vie
A son été.
Alors,
Qu'est-ce que le pur aujourd'hui?
C’est de l'ambroisie
Puisée dans l’azur,
Un pré vert tremblant
Sous les eaux sacrées
Du mai nouveau .
C’est la contemplation fraternelle
des hommes de pluie
Et de bruyère,
Et des bêtes sensitives
C'est la mélancolie
Des fossés remplis
De l’eau d'antan,
Tapissés d’algues
Ondoyantes
Et suaves
Comme les fleurs
Dans les cheveux
Des mariées sous juillet.
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Autre temps
Or,
Sur sa palette
La saison dilue
Tous les paysages de murs fanés,
De logis déserts
Et de cieux ondoyants.
Reste
Un village abandonné
Par ses âmes
Reparties de l’autre côté
Des pendules
Et des calendriers.
Sur les portails,
Des archipels de rouille
Dessinent des yeux
Pailletés de sombre
Solitude solaire .
Lieu sans retour.
Les merles des rues
Et ceux des toits
Y sifflent sous des oriflammes
Oubliés par le vent du siècle.
La place.
L’ histoire du bourg
me revient,
La moisson des paroles,
Le martèlement des fers
Autrefois les marchés,
Aujourd’hui les marches silencieuses
De la maison fertile.
Y demeurent encore
Une pêche et des roses à cueillir
Pour éclairer le chemin.
Instant altier.
Au centre de la promenade
Où je me tiens,
Sous l’ auvent
D’un arbre aux racines nomades
M’apparaît l’essence princière
De toute chose, de tout être,
En sa frêle félicité.
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Salut au soleil
La marche
Est quête d'un estuaire,
D'une vallée versant
Dans l'océan.
Le marcheur, lui, écoute
L'œil de la source.
Il est éveil
Elan de fleuve
Au jarret tendu
Vers le feu sombre
De l'arène.
Il fait midi
Sur le sentier lent,
Forêt d'éternité
Où
L'ombre s' épuise
Dans l'écheveau
De la lumière.
La brise
Agite le songe vert,
Les membranes translucides
Des feuilles,
Des fleurs,
Des oiseaux.
Drapé
D'un ciel plus bas
Bleuté de nervures
Qui font chatoyer
L'amitié du jour.
Le marcheur respire
Son vertige d'air libre,
Souffle vers le dedans
Comme regard intérieur.
Et clarté
De la droite cascade,
Cette flèche
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